Essentiel...
Il paraît que les Blogs ne sont plus à la mode, il paraît....
En effet, le top du top de la communication dématérialisée c'est Face de Bouc ou Twitter, les dits Réseaux Sociaux grâce auxquels vous vous faites plein d'amis avec qui vous partagez des choses essentielles, des moments d'intense communication, avec qui vous reconstruisez des liens forts et indéfectibles alors que vous vous étiez découverts puis perdus depuis ce jour où vous êtes allés de concert vous soulager de quelques pressions intempestives dans un réceptacle de faïence Jacob Delafon sis au fond du porche de cette obscure maternelle à Tatatouine sur Burette...Mais si, rappelez vous... aaah, oui, c'est vrai, c'est toi ! Génial, qu'est ce que tu deviens alors ?!
En tissant cette toile immense de relations sociales immatérielles, vous êtes véritablement à la page, vous êtes moins arriéré, vous êtes un animal social qui vit pleinement dans son époque...
Vautré devant son écran, planqué sereinement derrière sa fenêtre en LCD, l'Homme Moderne conduit sa vie en Hors Sol, un peu comme ces insipides tomates hydroponiques qui poussent en hauteur sur des lits de coton, arrosées par des gouttes à gouttes subtilement dosés de manière à produire des fruits rouges vifs appétissants mais sans saveur.... Une illusion de Tomate qui n'aura jamais puisé dans la Terre, jamais poussée sous le soleil... L'Homme Moderne est ainsi, il s'épanouit dans une forêt de panneaux publicitaires, gavé d'ondes et de communications, arrosé à la consommation à outrance, tuteuré par les dogmes rassurants du modernisme. Complètement pasteurisé par injection d'assurances et de produits financiers, il vit dans un environnement sous asepsie permanente et mène une vaine quête de matériel sonnant et trébuchant qui l'affadit.
Le vent dans les branches lui fait peur, l'herbe folle l'angoisse, la pluie et la neige sont des alertes rouges, le soleil lui ruine l'épiderme, les insectes le rebutent, le sauvage le perturbe, les éléments naturels ne sont pas acceptables dès lors qu'ils sont non maitrisables...
Nos racines sont dans la Terre, pas celle de MM. Petain ou Sarkozy, mais celle de notre milieu naturel, de cet espace de vie où foisonnent des espèces qui n'ont d'autre utilité que d'être elles mêmes, d'autre objectif que d'exister, se nourrir et nourrir, se perpétuer et mourir pour permettre à d'autres espèces de poursuivre leur cycle.
Notre équilibre profond est là, assis sur un rocher à regarder les pierres se couvrir de mousse, le postérieur sur un tronc pourri à écouter creuser les vers de bois, le prose dans les herbes folles à contempler l'errance des hirondelles, l'arrière train sur la rocaille à compter les grains de sable qui s'envolent de la dune, le fondement sur le sol à s'entretenir avec un arbre centenaire...
Crépuscule en bord de Loire, Le Bois de l'Ile en bordure d'Orléans
Un soir de 2003