Aération dominicale
Météo France annonce 2°, mais il doit bien friser les 5-6°C en ce dimanche après-midi. Le vent, qui cavale allègrement à 50 km/h, met de l'ambiance dans les branchages, ces derniers, martyrisés par le zéphyr d'ouest, émettent des sons, couinements, frottements qui ponctuent cette ballade dominicale et occultent tout autre bruit à l'exception des petits sons discrets et aigus qu'émettent les passereaux en goguette.
La Loire a suivi un petit régime après avoir enflé à 1 600 m3/s avant les fêtes, mais celui-ci n'a pas encore porté ses fruits, et elle vient allègrement lécher les rives obligeant maître Castor à prendre ses repas de brindilles plus haut que d'habitude. Les reliefs de ses agapes sont bien joliment disposés sous le saule où il a prélevé son quota d'écorce.
Dans son engouement à rejoindre l'Océan, la Loire lutte contre Eole et ce combat immémorial est bien visible au gré des vagues, forcées par le souffle divin, qui remontent le courant et qu'affrontent deux Cygnes, tête baissé, cou tordu, tels les valeureux mariniers ligériens qui autrefois filaient vers l'estuaire.
Les Actéons du week-end font parler la poudre mais, pour aujourd'hui, loin de ce morceau de campagne, paisiblement coincé entre Loire et Mauves, et paré des couleurs automnales dont les tons sépia ont été endeuillés par la fonte de la neige qui, il y a quinze jours encore, revêtait le même paysage. Il n'y a que les pinsons, tarins, mésanges, verdiers et autres chardonnerets pour accompagner cette petite marche fort agréable par ce temps très automnal. Une grande Aigrette joue les poseuses au milieu d'un quarteron de Hérons cendrés, toute cette compagnie d'échassiers étant fort occupée à tenter d'ingurgiter force mulots et autres rongeurs sans prêter quelque attention que ce soit aux évolutions acrobatiques des Crécerelles qui pourtant recherchent les mêmes mets délicats dans les herbes folles.
Une couple d'heure, comme disent nos amis québécois, de bonheur à quelques encablures de chez soi...
Pas de photos de cette aération neuronale naturelle, seules les jumelles pesaient sur la nuque...
Voici une photo, initialement très moche, souvenir d'un pique-nique vesperal en bord de Loire qui s'est terminé sur une visite inéspérée. Avec le script vintage il y a un petit effet vieillot qui a comme l'odeur des pommes de terre au beurre de Mamie...