Homo sapiens paysanus
07
sept.
2008
L'imagerie populaire encense souvent le fameux bon sens paysan. Celui-ci, selon l'iconographie spinalienne, serait emprunt de vérité forgée par le lien indefectible avec la terre nourricière. Ce lien qui n'a pas été tranché par l'exode rural et la vie hors sol qui est le quotidien de 80% de nos concitoyens.
Voici un petit florilège de ce bon sens paysan auprès duquel, nous, pauvres citadins ou néoruraux, sommes censés chercher une sagesse perdue en même temps que nos racines terriennes :
Voici un petit florilège de ce bon sens paysan auprès duquel, nous, pauvres citadins ou néoruraux, sommes censés chercher une sagesse perdue en même temps que nos racines terriennes :
Eté 2008, bord de Mauves : Une charmante rivière au cours lent qui draine un superbe bassin versant arrosé par tout ce que les industries agrochimiques savent vendre aux paysans si sages. Les protagonistes sont deux néoruraux qui cherchent la sagesse comme deux petits scarabés et un exploitant agricole beauceron qui détient le bon sens paysan et professe en lotus depuis son tracteur.
L'exploitant : "Alors, elle est belle la mauve, z'avez vu y'a des canards. Faut leur jeter du pain"Les néoruraux : "Ah, vous croyez... Mais il y a aussi des hérons"
L'exploitant : "Ah non, ça c'est des Saloperies, il faut les tuer, depuis qu'il y en a, il n'y a plus de poissons"
Eté 2008, un peu plus tard. Même lieu, mêmes protagonistes.
L'exploitant : "Va falloir nettoyer le bord de Mauves avant de semer"Les néoruraux : "Ben, justement, on va donner un coup de faux, vous inquiétez pas"
L'exploitant : "Mais non, faut faire propre. J'vais mettre du round up pendant vos vacances"
Eté 2008, on prends les mêmes.
Les néoruraux : " Pour la pelouse, on aurait bien semé un mélange de graminées et de messicoles, ces petites fleurs qui égayaient nos cultures autrefois comme des bleuets et des coquelicots"
L'exploitant : "Ah non, ça ça se fauche q'une fois alors qu'une pelouse c'est à tondre deux fois par semaine. Faudras acheter une tondeuse."
Ecoutons les paysans artisans de la céréale, notre esprit sera plus sage.
Dégustons leurs bons produits sains, notre corps s'en trouvera renforcé.

Une image du désert Syrien depuis un bus ou la Beauce dans 50 ans après 100 ans de bon sens paysan ?
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