Le pas qui tue
Le lecteur attentif et assidu se souviendra que le comportement social du promeneur urbain néoruralisé dans la nature verdoyante l'incite irrépressiblement à décorer les abords des sentiers avec de délicats rubans rosés triple épaisseur achetés à la supérette du coin...
Notre cousin plantigrade d'Amérique du nord, qui possède quelques similitudes alimentaires avec l'espèce humaine, avec cependant un goût prononcé pour le bio, s'adonne inlassablement à l'arpentage de son territoire en quête de quelques victuailles à se mettre sous les molaires...
Dans ses pérégrinations, notre cher et délicat plantigrade a le bon goût de laisser des traces évidentes de son passage. Mais, étant un être somme toute plutôt tourné vers le land’art le plus épuré, il se contente de ne laisser derrière lui que quelques sculptures produites avec une matière qui fait cale. Il n’a pas l’indélicatesse de se prendre pour un Christo d'opérette en emballant ses oboles de ces peu ragoûtants rubans rosâtres...
Et puis ledit promeneur apprécie de pouvoir découvrir les traces du passage de son lointain cousin sur le chemin duquel il n’a pas forcément envie de se trouver....
Quoique sur ce point, cela se discute quand même.
