A l'Eau ?
Elle est belle la Loire, il serait prétentieux que de vouloir la décrire alors que tant d’écrivains à la prose fluide comme le fleuve royal l’ont chantée, rimée, écrite !!! C’est ce fleuve qui donne aussi tout son cachet aux navrants paysages mornes de l’Orléanais, adossé aux steppes céréalières intensives d’une Beauce sous la coupe de la FNSEA et accoudé aux forêts résineuses et aux landes Solognotes, terrains de jeux de hordes de notables parisiens prétentiards et brûleurs de cartouches qui ne méritent pas le nom de chasseurs.
C’est aux abords de ce fleuve qu’il est si agréable de se promener, se prélasser et flâner en regardant les eaux s’écouler entre les bancs de sable.
Mais… ce fleuve qui semble si paresseux même en hiver peut brusquement retrouver sa nature sauvage et avoir quelque envie d’aller regarder derrière les digues élevées au 19ième siècle si l’horizon n’est pas plus attrayant ! Et se croyant à l’abri derrière ces digues, vivent maintenant des habitants qui ne croient plus qu’un jour ils pourraient voir leur jolie masure ou leur coquet appartement se transformer en aquarium géant !!! 1856 – 1966 et, plus près de nous et moins dramatique, 1912 se sont effacées des mémoires et ne sont plus que des traits sur les murs des maisons, qui n’effrayent même pas les petits enfants !
Nos sociétés dites civilisées apportent le faux sentiment que nous avons dompté la nature et que la Science et l’ingéniosité de l’Homme auront raison de tout. Et pourtant les épisodes dramatiques d’événements climatiques catastrophiques sont là pour nous ramener à notre juste mesure de grain de sable. Il est seulement malheureux que ces drames humains et matériels n’aient pas pour conséquence de faire réfléchir nos édiles qui de toute façon sont à l’abri et pour longtemps derrière le paravent de leur mépris souverain pour les gens qu’ils gouvernent.