Rêves, Ô Ludion.
Sans vouloir sombrer dans la grandiloquence démesurée ou dans un excès de passion romantique débridée, mais il est des moments où l'on sentirai presque le souffle de l'Histoire vous défriser les oreilles et vous piquer les yeux même si il y a cet aspect frustrant des émois révolutionnaires de canapé quand il s'agit de vivre ces moments à travers le prisme réducteur d'un écran de télévision...
La Génération 70 n'aura pas connu, en guise de grand émoi révolutionnaire étudiant à la Mai 68 que les grèves « Devaquet si tu savais » et la mort de Malik Oussekine qui n'étaient qu'une vaste manipulation syndicale sans véritable fond social. Elle n'aura connu de la libération sexuelle qui a débridé la Génération 70 que les affres angoissants des années Sida. Elle se sera vautrée dans la fange libérale et égoïste des années 80 et 90 qui ont porté aux nues des valeurs sans âme qui font perdre le sens même de l'existence : matérialisme, égoïsme, quête permanente de l'argent.... La Guerre du Golfe pour la maîtrise du pétrole irakien n'aura pas déchainé des passions pacifistes comme les manifestations contre la Guerre du Vietnam. Sur ce point, la Génération 70 aura eu au moins la chance d'échapper à la conscription et n'aura pas eu à vivre de guerre sur le sol de la métropole ou dans ses ex-colonies.
En guise de repères politiques, la classe au pouvoir, droite et gauche confondues, n'aura eue d'autre envergure que celle des manipulateurs malhonnêtes et, depuis 2007, celle des ineptes, des égoïstes et des démagogues accaparés par les miroirs aux alouettes du pouvoir et l'argent.
Nous ne serons jamais des héros et nous nous serons laissés embarqués une existence confortable et linéaire, mais, compensation peut être illusoire, nous aurons pu suivre des évènements d'importance qui, même vécus à distance, vous auront soulevé quelques émois comme la Chute du Mur de Berlin ou ces révolutions Tunisiennes et Égyptiennes qui voient des peuples enthousiastes se débarrasser des despotes installés par nos vieilles démocraties coloniales lorsqu'elles firent semblant de se retirer de l'administration des territoires africains.
Passés les émotions empathiques et emportements emphatiques que suscitent ces images de liesse populaire, on saura malheureusement rester lucides sur les suites de ces révolutions qui reviennent par trop souvent à simplement parer de nouveaux atours la manière dont une minorité exploite la majorité de l'espèce Humaine qui n'a d'autres choix que de battre comme un cœur, se soulevant et s'abaissant afin d'alimenter perpétuellement avec son sang ces parasites qui ne sont finalement que l'illustration de la pauvre envergure morale et spirituelle de notre espèce face au comportement de laquelle il n'est point d'autre réaction envisageable qu'une permanente misanthropie.
Mine dans un paysage Chypriote. Septembre 2003