Petit d'Homme
Lorsque l'enfant paraît...tous les regards se tournent vers la petite merveille qui vient illuminer de sa candeur angélique les regroupements conviviaux d'Etres Humains...
Le bout d'Homme possède une capacité manifeste à capter l'attention et incite invariablement les adultes présents à une inévitable régression infantile.
Certes, il est bon, pour le maintien d'une activité cérébrale pleine de vivacité à l'approche du vieillissement qui frappe inéluctablement toutes les classes d'âge, de rester jeune, gamin et même un tantinet infantile, mais de là à bêtifier comme le font les admirateurs de Mossieur Bébé, il y a un abîme qu'il convient d'éviter de franchir pour ne pas plonger illico dans une régression mentale accélérée.
Honnêtement, est il nécessaire de s'émerveiller des réactions d'un enfançon qui possède les capacités cognitives d'un labrador adulte ?
Et pourtant, il suffit que le loupiot lève le doigt en arrondissant son clapoir à petits pots et laisse échapper une onomatopée dont il est difficile de savoir s'il s'agit d'une saillie brillante sur les débats en cours au sein de l'assemblée réunie ou d'une émanation profonde de satisfaction post-prandiale, pour que l'auditoire captivé par tant de hardiesse verbale pousse des cris d'admiration béate et applaudisse à tout rompre le discours pontifiant de l'illustre philosophe à bavoir.
Que dire des déplorables efforts que le marmot effectue pour tenir sur ses pattes potelées avec l'approche de sa première année écoulée ! Les ovations qui accompagnent les pas hasardeux, et délétères pour le matériel environnant, rejoignent en tous points les acclamations qu'entendent les malheureuses otaries qui jouent du ballon avec leur appendice nasal lors des représentations du Cirque d'Hiver. D'ailleurs, l'observation attentive et émue des égarements pédestres du pitchoun occupe passablement, et sur une certaine durée, un auditoire forcément captif et tout gagné à la cause de l'artiste en culotte courte !
Et quand, enfin gagné par une fatigue bienvenue pour la suite des réjouissances, le miston sort emporté par les bras de ses géniteurs vers une sieste régénératrice, les régressifs présents s'échinent en une navrante pantomime à agiter leurs abattis supérieurs dans l'espoir que, dans un réflexe pavlovien, le lardon agite en réponse sa dextre pour une dernière exhibition qui fera flotter sur les visages réjouis, le sourire satisfait et gobeur de diptères du Bienheureux...
Espiègle, facétieux et cabotin, l'Ecureuil terrestre (Xerus inauris)
Au pied du Waterberg, Namibie - Novembre 2008