Merci mon Colon !
Un peu de publicité ne fait pas de mal parfois.
Ainsi, à l'occasion d'un séjour en amicale, quoiqu'un peu amputée cette année, compagnie dans la cité Angoumoise des phylactères en folie en ce dernier week-end de janvier, votre serviteur a pu découvrir une excellente production des éditions FLBLB (prononcer fleubeuleub).
Production originale mise en valeur par le biais d'une exposition très réussie qui singeait l'exposition coloniale de 1931 et dont l'objectif est, en quatre tomes, de faire découvrir la « Petite histoire des colonies françaises ».
D'emblée, il est important de préciser que c'est de la BD d'en haut en ce sens que ceux qui cherchent des filles blondes avec des gros pectoraux féminins que l'on qualifie trivialement de « gros seins » et parées de ces appendices guerriers et barbares que l'on qualifie tout autant trivialement « d'épées » n'y trouveront absolument pas leur compte. Les dessins sont simples , ronds avec des batons et n'ont d'autres but que de servir avec succès un texte écrit avec une ironie décalée mordante qui expose et retrace des faits très bien documentés sur cette glorieuse période de notre histoire qui est loin d'être terminée.
La narration est assurée par un éminent personnage politique, soit le Général de Gaulle en personne rejoint dans le Tome 4 par ses successeurs de la Vième République.
Cette lecture est fortement conseillée à tous ceux qui veulent comprendre; comme le disent les auteurs « pourquoi ces contrées, promises à un grand avenir du temps des Français, sont tristement devenues des pays du tiers monde comme les autres ».
Petite histoire des colonies françaises par Grégory Jarry et Otto T. -> CLIC
T1 :L'Amérique française / T2 : L'Empire. / T3 : La décolonisation. / T4 : La françafrique.
Village typique du Kaokoland, Zone nord de la barrière sanitaire de la Namibie - Etat indépendant depuis le 21 mars 1990.
Post-scriptum - Citation extraite du début du T3 : « En réalité, nous avons décolonisé par pure bonté d'âme. A la fin des années 50, il était devenu insupportable à une majorité de Français qu'on branche des électrodes sur les testicules d'un homme pour lui redonner goût aux bienfaits de la colonisation. Ainsi, nous leur avons rendu la liberté, et nous avons arrêté de nous comporter de manière paternaliste avec eux. Cependant, à ceux qui le souhaitaient, nous avons tendu la main et avons donné un peu d'argent qu'on appela aide au développement. Ils pouvaient l'employer sans contrôle de notre part et ce n'est pas de notre faute s'ils s'en sont servi pour nous acheter des armes.»