Ignition sentimentale
Pas désagréable cette sangria.
Enfin, après avoir fait les frais d'une indicible attente dans la transparence générale, le Jeune Homme a été invité à l'une de ces soirées entre étudiants où l'on s'adonne sans vergogne à la convivialité estudiantine. Convivialité faite d'un savant mais efficace mélange d'absorption sans retenue de substances alcoolémiques, de discussions philosophiques et sociétales d'avant garde et d'émois corporels plus ou moins rapidement assouvis.
Pas désagréable cette sangria.
Son regard timide qu'il tente vainement de teinter d'une mâle assurance erre sur l'assistance et rebondi des jeune fille en jeune fille comme une boule de billard électrique entre les plots du flipper. La cigarette qu'il allume d'une main tremblotante, et tient entre son pouce et son index, n'a pour autre objectif que de lui donner l'air cool et un poil border line, tant il pense que cet air est susceptible d'attirer quelques frétillantes étudiantes.
Pas désagréable cette sangria.
Son regard ne s'attarde guère, sans illusion aucune sur ses chances ne serait ce que d'attirer leur attention, sur les plus jolies représentantes de la gente féminine qui parsèment l'assemblée. Il en est une cependant qui fait luire une lueur d'intérêt non dénué de lubricité dans son regard qui s'égare. C'est qu'elle est plutôt attrayante dans l'ensemble et, n'aurait il point rêvé, elle l'a regardé aussi !!!
Pas désagréable cette sangria. Pas désagréable du tout même. Carrément agréable en fait.
La chaleur qui monte dans son corps tient autant au dégagement calorique qui accompagne la montée en charge émotionnelle qu'à l'effet stimulant de cette agréable sangria étonnamment très chargée en rhum. Maiiis, est ce un effet d'optique, c'eest que le regard de la damoiselle revient régulièrement accrocher le regard émoustillé du Jeune Homme.
Très bien cette sangria. Très très bien mêmeuh. Et encore blus que très bien.
Là, il va falloir y aller, la phase d'observation aura duré bien 4 heures, il est temps d'aller récolter le gibier, de ferrer la belette, de lever la perdrix. Mais c'est que les jambes sont lourdes, les mains se parent d'une moiteur peu encline à aller les poser sur les délicates épaules de la belle, le front commence briller d'une lueur marécageuse et les pensées patinent autour de ce goulu baiser français qu'il n'attend que de déposer sur ces lèvres purpurines.
Voui, la Sangiar a s'boit bien. L'est po mal, al'sangria qu'elle est bonne et qu'a l'se boit toute seule.
A y'est le courage est arrivé au cerveau avachi du Jeune Homme qui s'élance du pas chaloupé du félin qui sort du bar. Il jette résolument le contenu de son dernier verre dans son gosier, se saisi d'un oignon cru qui trainait à côté de la charcuterie et le croque avec conviction (c'est tonicardiaque les oignons). Il s'approche, accoste la donzelle avec la dextérité d'un kayakiste manchot et, dans une grande exhalaison non dénuée de poésie, commence à annoner le discours répété en boucle depuis bien 6 heures de temps...
Succès foudroyant !!!
Croquer la Pomme en toute simplicité sous le soleil d'Etosha - Naminie - Octobre 2008