Délivrés
Histoire de faire pièce aux reproches un tantinet faciles d'un certain individu qui voudrait faire passer une absence temporaire d'inspiration pour un recyclage éhonté de vieux articles du Diplo, c'est un autre Monde qui a diverti les neurones de votre laborieux serviteur au retour d'un séjour pré-estival au pays du Single Malt....
« Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès. » Extrait d'un discours Omniprésidentiel prononcé à Dakar en un joli jour du 26 juillet 2007.
Et l'Homme blanc, occidental, catholique et arrogant n'aura de cesse que d'enfermer l'Homme noir, africain dans cette éternelle image spinalienne d'un être emprunt de comportements enfantins, sempiternel héritier du bon sauvage et qui vit en symbiose parfaite avec la Nature qui, bonne mère, lui assure gîte et couvert. Même s'il est politiquement correct de reconnaître du bout des lèvres les méfaits de la colonisation, il n'en demeure pas moins que, sous les remords de crocodile et les déclarations de Tartuffe, sourdent toujours des propos apologiques sur les bienfaits apportés par les grandes civilisations impérialistes occidentales à une pauvre Afrique engluée dans la boue fétide de l'ignorance....
Le Monde Magazine du 10 juillet consacre un long et passionnant article à la découverte incessante, depuis maintenant 10 ans, dans les sous-sols de la mythique cité Malienne de Tomboctou de plus de 300 000 manuscrits datant des XVe et XVIe siècles. Loin des clichés, véhiculés par le buldozer de l'héritage colonialiste, d'une tradition présentée comme uniquement orale, il apparaît que, grâce à un Islam des Lumières, c'est un véritable foisonnement intellectuel qui s'écoule des sables du désert vers le fleuve Niger.
En cette ère désespérément matérialiste où des masses décérébrées s'offrent 4 heures d'attente sous le soleil afin d'être les premiers à s'offrir l'Iphone4, il est passionnant et réellement réjouissant de découvrir que le Savoir était, en cette époque, une marchandise précieuse, source d'enrichissement spirituel autant que matériel, et que la fascination pour l'érudition et l'écriture attiraient des milliers d'étudiants du Maghreb au Machrek en passant par l'Andalousie...
Directement sorti des livres de Harry Potter, le Jacobite Steam Train sur le Viaduc de Glenfinnan entre Mallaig et Fort William - Ecosse - Juillet 2010