Travailler moins pour gagner plus ?
Ayant reçu récemment un mail, au départ choquant, sur les régimes indemnitaires de nos députés, j'ai un peu creusé la question avant que de le publier in extenso. Il en ressort que les débats récents sur ces régimes indemnitaires étaient entachés d'une certaine tendance à la déformation mais que la situation ne concourre pas quand même pas à réconcilier avec ces édiles donneuses de leçons....
Depuis un règlement intérieur du Bureau de l'Assemblée Nationale de 2003, et donc concrètement depuis la fin de la dernière législature, nos députés non réélus continuent à toucher, de manière dégressive et ce pendant 5 ans, leur indemnité mensuelle de 6 952,00 € bruts. Au bout des 5 ans, ce sont 20% de ce traitement qui sont perçus mais à vie cette fois. Ce qui représente quand même une petite pension de retraite de 1080 €.
Pour financer ce dispositif, les députés ont créé une taxe de 0,5% sur leurs indemnités, destinée à financer une «caisse» qui prend en charge, de manière dégressive, le versement de l’indemnité au bout des six mois.
A titre de précision, seuls les députés non fonctionnaires touchent ces indemnités car les fonctionnaires ont évidemment un emploi réservé.
A priori, rien de bien choquant en soit puisque les fonds ne sont pas prélevés sur le budget de la Nation, ne concernent qu'une petite minorité de députés car beaucoup sont issus de la Fonction publique et qu'il s'agit d'un dispositif de solidarité mis en place par les députés.
Par contre si l'on compare avec les 23 mois pendant lesquels un chômeur, non licencié économique, perçoit dans le meilleur des cas 90% de son salaire brut et si l'on rajoute que pour pouvoir jouir de cette aide sociale visant à accompagner son retour à l’emploi le député concerné n’a guère de comptes à rendre comme par exemple justifier de la recherche d'un nouvel emploi, se rendre tous les mois dans une ANPE pour rencontrer un conseiller, on comprendra aisément, qu'en ces temps de tension autour du pouvoir d'achat, que de telles dispositions n'aident pas les Français à se réconcilier avec la politique.
Indemnités mensuelles brutes : 6952, 91 €
Ø Indemnité de base : 5 400, 32 €
Ø Indemnité de résidence (3 %) : 162, 01 €
Ø Indemnité de fonction (25 % du total) : 1 390, 58 €
Retenues obligatoires déduites du brut mensuel : 1 748,25 €
Ø Cotisation à la caisse des pensions pendant les 15 premières années de mandat : 1 153, 08 €
Ø Contribution exceptionnelle de solidarité : 55, 62 €
Ø CSG et contribution au remboursement de la dette sociale : 539,55 €
Ø Cotisation au fonds de garantie de ressources : 27,00 €
Reste donc un net mensuel de 5 177, 66 €.
Allez, ne désespérez pas, bientôt vous aurez vos heures de RTT payées et travaillerez encore plus pour gagner plus sans avoir le temps d'en profiter...
